Jubilé de la vie consacrée : espoir et paix au cœur de Rome
Ariel López, membre consacré laïc. région de Guatemala
Année sainte 2025
photo : groupe de la CCIS à Rome : Marcel Caron, Ariel Lopéz , Suzanne Guérard et Sylvain Fortin de l'Institut Pie X
Du 8 au 11 octobre, Rome est devenue le point de rencontre de toutes les formes de vie consacrée : ordre des vierges consacrées, congrégations religieuses, vie contemplative, nouvelles formes, sociétés de vie apostolique et instituts séculiers. Pendant quatre jours, des milliers de personnes consacrées ont rempli la ville éternelle d'une présence discrète mais profonde, marquée par la prière, le discernement et la joie de partager un même chemin.
Plus que de grands discours, ce qui a caractérisé le Jubilé, c'est l'occasion de se regarder dans les yeux, de s'écouter et de reconnaître, dans la diversité des charismes, un même désir : être des semeurs de paix au milieu du monde. En recevant les hommes et les femmes consacrés, le pape Léon XIV les a encouragés à être porteurs de concorde et de paix par la parole et par l'exemple, et les a invités à « revenir au cœur » pour redécouvrir l'étincelle de la vocation. Ses paroles ont été accueillies non pas comme un point d'arrivée, mais comme une impulsion pour les jours de réflexion qui ont suivi.
Des espaces d'écoute et de communion
Les 9 et 10, les différentes formes de vie consacrée se sont réunies séparément pour discerner leurs défis et leurs espoirs. Sous la devise Pèlerins de l’espérance, sur le chemin de la paix, les groupes se sont demandé comment vivre cette mission dans la vie quotidienne. Dans la nuit du 9, les personnes consacrées sont sorties sur les places de Rome pour partager avec la ville des moments de réflexion autour des pauvres, de la création et de la fraternité universelle. Et dans la nuit du 10, à nouveau réparties en différents points de la ville, elles ont célébré des journées de prière regroupés par langues, signe d'une Église plurielle et en même temps unie.
Les instituts séculiers : une vocation au quotidien
Dans l'Aula Magna de l'Université pontificale de la Sainte-Croix, les instituts séculiers ont bénéficié d'un espace privilégié qui a permis de montrer la force et l'actualité de cette forme de vie consacrée. Leurs réflexions ont tourné autour de deux axes fondamentaux, qui révèlent à la fois les défis et les opportunités de leur mission.
D'une part, le thème de la jeunesse a été approfondi. Il ne s'agissait pas seulement de considérer les jeunes comme les destinataires de campagnes vocationnelles, mais de les reconnaître comme un véritable lieu théologique, un terrain fertile où Dieu se manifeste et où les laïcs consacrés sont appelés à être présents. Cela suppose une invitation à écouter leurs questions, à accompagner leurs recherches et à montrer par sa propre vie que la consécration est possible dans la normalité. Il a été souligné que l'engagement envers les jeunes ne peut se réduire à des stratégies, mais qu'il nécessite de la proximité, du dialogue et une foi incarnée dans la vie concrète.
D'autre part, la mission du laïc consacré aujourd'hui a été abordée. Dans un monde de plus en plus sécularisé, où les vocations semblent diminuer, les instituts séculiers se demandent comment continuer à être des signes crédibles. La réponse est venue de la conscience de leur identité : vivre pleinement la consécration sans s'éloigner du tissu social ordinaire, au milieu des espaces où se prennent les décisions qui affectent tout le monde, que ce soit en politique, en économie, dans la culture ou dans la famille. Là, le laïc consacré est appelé à incarner un témoignage de pardon, de réconciliation et de service, montrant que la foi n'est pas un refuge intimiste, mais une force qui transforme la réalité.
Le partage s'est conclu par la conviction que les laïcs consacrés ont une vocation prophétique unique : être une lumière dans la discrétion, des semeurs d'espoir dans la vie quotidienne et des bâtisseurs de paix au sein des structures sociales. En redécouvrant chez l'autre et en eux-mêmes l'étincelle de l'espérance, ils ont compris que leur mission n'est pas extraordinaire dans la forme, mais dans le fond : être le levain dans la pâte, là où la vie se déroule dans toute sa complexité et sa beauté.
Samedi, vers la tombe de l'apôtre Paul
Le 11 octobre s'est terminé par une journée intense. Le matin, les personnes consacrées se sont réunis dans la salle Paul VI pour une réflexion commune sur la paix. L'après-midi, elles ont participé à un atelier sur la médiation et la gestion des conflits, et le soir, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, ils ont vécu la clôture avec une prière solennelle présidée par la réflexion de la préfète du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, Sœur Simona Brambilla, M.C.
Une expérience de communion
Le Jubilé de la vie consacrée a laissé à Rome un témoignage vibrant : la vie consacrée reste un signe prophétique au milieu du monde, une présence humble et lumineuse qui mise sur la paix et la fraternité universelle. Sur les places, dans les universités, dans les basiliques et dans la vie partagée, les personnes consacrées ont redécouvert que l'étincelle de la vocation continue de brûler et que le monde a besoin de ce feu pour continuer à avancer avec espoir.